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 [Ama-1] Toute histoire a un début...

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MessageSujet: [Ama-1] Toute histoire a un début...   Mar 13 Sep - 19:14

Chapitre 1


Le cœur s’accélère, la déglutition se fait difficilement, la respiration a un raté. Tellement de signes évidents d’une attirance que je ne remarquais pourtant pas en étant humaine. Le cœur a des ratés, la peau transpire, les pupilles se dilatent, la peur envahit mes cibles. Encore des signes que je ne remarquais pas. Mais j’ai changé, depuis un certain temps maintenant.
Mon cœur bat toujours, mais plus lentement que jamais, ma peau s’est perfectionnée, blanchie. Mon corps est devenu plus attirant encore. Je ne sais pas si pour ce dernier, c’est un bien ou un mal. Mais ce soir, cela pourrait m’être utile. Je jette un coup d’œil au papier entre mes doigts avant de le froisser. L’adresse est la bonne, le nombre de cibles également. Un regard échangé avec la femme à mes côtés, et elle entre dans la résidence, c’est ensuite à mon tour d’arriver dans la place. Proie tu es, tué tu seras. A moins que des informations intéressantes, tu me fourniras.

Un faible sourire étire mes lèvres, je ne peux pas vraiment l’agrandir ni le rendre plus sincère, l’appréhension noue mon estomac. Peut être ce soir serait-il le grand soir où je pourrais retrouver ma fille ? Peut être, mais j’avais du mal à y croire, je n’étais guère chanceuse à ce sujet, les Moroïs avaient eu le temps de s’organiser, de me cacher les informations…
Mais je ne perdais pas espoir d’un jour la retrouver.

D’un bond, je passais la haie et esquissais un sourire face à la caméra pointée sur moi. Ramenez-vous mes petites proies. D’un pas lent, je rejoignis l’un des bancs du jardin et n’eut pas à attendre très longtemps avant que le gardien éloigné arrive. Ma compagne ce soir devra s’occuper du second gardien, je retiendrais donc le premier, ou je le tuerais. J’esquisse un sourire face à son arrivé, mais ne bouge pas de mon banc. Regarde-moi, approche toi, montre moi les signes que j’attends. Peur ou excitation ? Les deux peut-être ?

« Bonsoir. »

Il se jette sur moi. Quel homme poli. Mais tellement lent aussi et tellement bête. D’un geste rapide, je passe sous son bras armé, d’un faible coup de pied à la hanche, je provoque une grimace de douleur sur son visage. Je profite de celle-ci pour attraper son pieu et le jeter plus loin. Me battre n’était pas mon but. Je le regarde avec un sourire légèrement  carnassier, découvrant mes crocs. Je m’apprête à frapper, à mettre fin à sa vie quand sa voix crie presque sa supplique.

« Attends ! »
« Pourquoi ferais-je ça ? »

« Parce que j’ai une dernière question à poser avant de mourir. »


La curiosité a tué le chat, espérons qu’elle ne me tue pas. Je le relâche donc et l’observe. Dernière volonté mon ange, choisis-la bien.

« Vous êtes la Destructrice, Amaëlle c’est cela ? »
« Est-ce vraiment votre dernière question ? »

« Non, non. Ce n’est pas ça. »


Je vois presque la panique s’inscrire dans ces yeux, il vit ses derniers instants. Et ceux-ci peuvent être encore plus écourtés par la mauvaise question.

« Pourquoi nous attaquer ? Pourquoi ici ? On disait que vous étiez parti, ailleurs en Europe. »
« On dit beaucoup de choses sur moi. Très peu sont vraies. Et pourquoi vous ? Simplement à cause de votre famille, de celle que vous protégez. »


Les Ivashkov. Comme Ethaniel. Une famille où je pourrais retrouver Lyana. Ou tout du moins une piste qui me rapprochera d’elle.  
Je vrille du regard le gardien devant moi. Quelques années auparavant, nous aurions pu être collègue, j’agissais comme lui dans le temps. Mais j’avais changé, le temps m’avait changé. Ethaniel m’avait changé. Sa mort également.

Je me suis réveillée il y a, à peine, quelques heures, évidemment, il avait fallu que je n’agisse pas comme les autres en m’éveillant en pleine journée. Emrys et moi étions donc coincés à cause du soleil dans la grotte où ils nous avaient entraînés après m’avoir tué. Quel mot étrange que la mort pour désigner un état où je me sentais plus vivante que jamais. Mon cœur battait pourtant si lentement, des pulsions me prenaient, totalement incompréhensibles. La première fois que j’avais vu la veine battante de la jugulaire d’Emrys, je n’avais pas pu m’empêcher de me jeter dessus, alors que je savais que son sang ne me nourrirait pas. Mon estomac criait famine et mes nouvelles canines, si sensibles, me titillaient. Je ne pus empêcher un gémissement douloureux de sortir de mes lèvres et je sentis immédiatement le grand corps mince d’Emrys se coller à mon dos pendant que ses bras m’encerclaient.

« Comment supportes-tu la faim ? »

« Je me concentre sur autre chose. »


Sa voix était comme la mienne, sublimée, tendre, avec tellement de nuances, si jamais il commençait à me parler, je pouvais presque en oublier ma soif pour me concentrer sur ses mots.
Mes mains glissent dans les siennes, et je me retiens à elles pour ne pas me précipiter dans le soleil, trouver une véritable proie. Une mauvaise idée au vu de ma nouvelle nature.

« Comme quoi ? »
« Tu m’apparais être une bonne distraction. »

« Charmeur. »


Comme toujours. Je laisse mes yeux rivés sur le ciel qui s’obscurcit et je sens les lèvres d’Emrys sourire contre la peau de mon cou. Nous restons ainsi jusqu’à ce que le soleil se couche et qu’il soit l’heure. L’heure de quoi ? Je ne le sais pas encore, mais comme toujours, je me laisse guider par Emrys.

« Suis-moi. »
« Comme toujours. »


Suis-moi, je te fuis. Fuis-moi, je te suis. Nous avons toujours été ainsi et pourtant inséparables. Je me retourne et je peux voir son sourire en coin mais il n’ajoute rien et je marche sur ses pas pendant quinze bonnes minutes. Je reconnais immédiatement le lieu où nous nous trouvons, mon regard doit contenir tout mon questionnement car Emrys reprend la parole.

« Il est l’heure de faire de notre premier repas commun, un souvenir mémorable. »


Je ne peux rien dire, alors je hoche la tête et je lâche sa main, je ne m’étais pourtant pas rendu compte que je m’étais agrippée à elle. Seul un gardien nous remplace, surement appelé en urgence car je n’entends que deux cœurs battre en plus des nôtres. Je sens mes crocs me tirailler mais je me retiens. Ce soir est un autre soir, le début d’une nouvelle vie, l’heure de tourner la page, les yeux d’Emrys me le disent. Je lui adresse un sourire et pars la première à toute vitesse dans la maison. J’entends son rire rauque et amusé derrière moi, mon sourire s’agrandit également et je retrouve rapidement Ethaniel. Tu maîtrises l’eau mon bourreau, mais certainement pas sur moi, je me suis immunisée au mieux contre cet élément, je ne me laisserais plus avoir.

Mon cœur s’accélère dans ma poitrine et je me sens vivante, j’attrape Ethaniel par le cou et l’entraîne avec moi dehors en sautant par la fenêtre, une seconde après, j’entends les pas d’Emrys derrière moi qui vient également d’atterrir sur le sol. Nos mouvements sont de la souplesse et du silence d’un chat. Mais la suite de mes actions ne sera certainement pas aussi gentille que celle de ses adorables félins.

Nous nous enfonçons dans la forêt à peine quelques minutes mais nous avons déjà traversé au moins trois kilomètres, je finis par rejeter Ethaniel devant moi, ne pouvant, ne voulant, plus le toucher. Il atterrit contre le sol avec un bruit tout à fait satisfaisant et un sourire malicieux m’échappe. Peut-on dire que la malice peut être sombre ? Car c’est mon impression ce soir. Il se relève et nous observe.

« Emrys ? Amaëlle ? »


Rien qu’entendre mon nom dans sa bouche. Je me précipite sur lui et d’un coup de pied, déboîte son genou, j’aurais surement brisé ensuite son bras qui se trouvait près de mon pied si jamais les bras d’Emrys n’avaient pas été contre moi, me reculant doucement pendant que sa voix murmurait à mon oreille.

« N’allons pas trop vite, nous avons toute la nuit. Et ce moment ne se reproduira qu’une fois, il faut en profiter. »


Je me défais de son étreinte et m’éloigne pour me calmer. Entendre son nom, voir son sourire supérieur même quand il se trouvait dans une aussi mauvaise posture, j’avais l’impression d’être retourné en arrière, comme quand j’étais encore à son service et que je devais subir le rappel constant de ce qu’il m’avait fait. Mais ce soir, il n’était plus intouchable. Alors j’allais m’occuper de lui. Définitivement. Je reviens vers Emrys pour voir qu’il avait lui aussi cédé. Il manquait déjà deux doigts à Ethaniel et son autre genou avait l’air d’être également déboîté. Je hausse un sourcil à son attention et il hausse les épaules. Un bref sourire étire mes lèvres, si même Emrys cède, nous allons vite nous occuper de lui.

Je les regarde, l’un et l’autre, cette dernière décennie, ils ont fait parti de ma vie. De manière intense mais différente. Emrys m’a aidé à tenir, est devenu mon pilier et m’a aidé à ne pas sombrer. Pendant qu’Ethaniel était mon iceberg, celui dans lequel j’ai foncé et qui a tout fait s’effondrer. Il a développé ma haine, et celle-ci tord mon ventre en cet instant.
Je m’agenouille devant lui et je peux voir ses yeux se posaient sur moi… Ses immondes yeux. Mon pouce glisse, presque tendrement, dans le coin externe de son œil, même au contact de ce liquide immonde, je continue à le glisser. Pendant qu’Ethaniel hurle de toute son âme, je reste concentré sur mon but, du pouce, je commence à remonter derrière son œil et enfin, celui-ci sort de son orbite. Un sourire de contentement étire mes lèvres. Regarde-moi maintenant si tu l’oses Ethaniel.

Sa main s’accroche à la maille de mon pull, mais je me décroche d’un mouvement sec. Je murmure presque sensuellement mes prochains propos.

« Tu as voulu m’avoir Ethaniel, me briser. Et maintenant, c’est ton corps qui t’abandonne, c’est ta vie qui se retrouve entre mes mains. Comment te sens-tu ? »


Il est à deux doigts de tourner de l’œil mais je ne le laisse pas faire, un regard envers Emrys et celui-ci mord le bras d’Ethaniel, tellement fort que celui-ci s’arrache presque. Je ne sais pas qui observer, Ethaniel en train d’hurler de douleur ? L’œuvre d’art que représente maintenant son bras ? Emrys recouvert de sang mais avec un sourire satisfait ?
Ces questions me trottent en tête et continuent de le faire même après. Quand nous nous occupons de lui retirer son deuxième œil, quand, soigneusement, je découpe une de ses oreilles pour la lui faire manger. J’utilise d’ailleurs pour la première fois mon hypnose. Une réussite. J’observe parfois Emrys et le retrouve en train de tracer, grâce aux pressions de ses doigts, de superbes motifs, sanglants, sur la peau d’Ethaniel. J’observe celui-ci. Son cœur ne bat presque plus. Il ne réagit presque plus, toute sa voix a disparu, usé par ses cris.

Je regarde l’étui de ma cuisse, dedans se trouve le pieu en argent qu’hier encore je pouvais toucher sans souffrir. Qui avait été le mien depuis la fin de ma formation. Je relève les yeux sur Emrys, puis sur Ethaniel. Le premier m’observe, le deuxième ne réagit plus. Ca vaut bien la peine de souffrir légèrement. J’attrape à pleine main mon pieu. La souffrance qui me cloue me fait tressaillir, la brûlure me fait grimacer, je pourrais en hurler si la douleur de mon âme n’avait pas été si grande que seule la vengeance me restait en cet instant. Que la douleur n’était que secondaire.
Adieu Ethaniel.

D’un mouvement maintes et maintes fois répétés, je plonge le pieu dans le cœur d’Ethaniel. Celui-ci s’écrase sous la pression et finit par s’arrêter pendant que mon sourire s’agrandit un peu plus. Je jette un regard à Emrys et je sais que lui comme moi pensons la même chose. Une page de notre vie était terminée, nous devrions écrire la prochaine.

Une partie de cette nouvelle page s’écrira quand je redécouvrirais ensuite, à travers les mailles de mon pull, un des ongles d’Ethaniel que je conserverais précieusement, éternel rappel de ma journée avec lui. Les autres ongles ne seront que cela, des rappels de cette première mort, des rappels de mon envol. La nuit de ma renaissance.


Beaucoup de choses ont été dites sur cette nuit, beaucoup d’hypothèses ont été formulés, mais seul Emrys et moi savons la vérité. Ca a été une histoire de vengeance et de sang. Une histoire de plaisir et de douleur. Une histoire de punition et de récompenses. Une histoire qui ne sera plus jamais raconté, plus jamais expliqué si le choix m’en est donné.
Je jette un regard légèrement hautain et menaçant au gardien qui ne se tient pas tranquille. Penses-tu réellement que je n’ai pas vu ta main se dirigeait vers ton second pieu ? Je le laisse m’attaquer et j’attrape son bras pour qu’il poursuive son chemin sans moi. Le coup qu’il devait me porter au cœur en passant vers le haut, finit dans son cœur à lui en passant par le bas, brisant ses côtes au passage.

J’observe la vie s’éteindre dans ses yeux. Est-ce réellement grisant de voir ses yeux perdre de leur vitalité ? Pas réellement. Pas toute seule, pas quand je me donne une mission. Pas aujourd’hui. Un tout autre jour, notre tête à tête aurait duré plus longtemps, mais pas ce soir.
Je le laisse retomber, je tends l’oreille en direction de la maison, il n’y a plus de cœur qui bat. Et elle apparaît devant moi, si nous disions de moi que j’étais une belle brune, c’est que personne ne l’avait jamais vu elle. Mais ce soir, je ne comptais pas m’attarder sur sa beauté. Je la vois passer à mes côtés et elle finit par s’arrêter pour murmurer les mots qui me font hurler et déclencher l’explosion de cette maison. Qui briseront encore un peu plus mon psychisme, qui m’éloigneront de celle que j’ai été. Qui me rapprocheront un peu plus de celle que vous connaîtrez aujourd’hui.

Lyana n’est toujours pas là. Encore une occasion de perdue. Encore un jour sans elle. Et à chaque jour, c’était une victoire de plus pour Ethaniel. Une victoire que sa mort m’empêchait de corriger. Mais une victoire qui ne durera pas. Je me le promettais !
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