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 Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy

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MessageSujet: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Lun 25 Juil - 1:38


Rien n'arrête le sang
Ehlena & Jessy

Missoula. Ville de mauvais souvenirs, de bons également. Lieu de recueillement mais surtout terrain de chasse. Ils ont voulu mélanger passé et présent. Ils ont tenu à faire de ce lieu leurs tombeaux, je ne peux pas leur refuser. Le temps n’a que peu d’emprise sur mes décisions au final, tout est toujours une histoire de vengeance. On se traque, on se cherche. On cherche à gagner sur l’autre. Mais au final, je compte bien gagner, pour cette fois, cette dernière fois. Ils m’ont enlevés ma seule faiblesse, ma parcelle d’humanité, il ne reste plus qu’une femme froide et tenace, un objectif en tête : la mort. La leur. Puis la mienne. Mais plus tard, bien plus tard.

Je mords doucement dans ma part de pizza, assise dans ce pick-up, attendant un mouvement, un seul, du bâtiment que j’observe. Un peu plus et je ressemblerais à ces flics dans les séries télés. Sauf que j’attire bien plus l’attention par mon immobilité. Mais il faut avouer que je suis sur la bonne voie pour gagner. J’ai tous leurs visages en tête et quelques noms. Dont un qui m’a conduit ici, dans cette rue, en ce temps. Face à l’un des tueurs d’Henry.
Un mouvement attire mon regard vers l’avant. Il est là. Aussi blond que dans mes souvenirs, du moins quand ses cheveux n’étaient pas couverts de notre sang mais cette fois, le sien le couvrira. Car il saignera. Je le vois faire un signe de la tête vers un de ses collègues, comme s’il n’était qu’un gentil bureaucrate. Salopard. Par nécessité, par habitude, j’enregistre du regard le visage de son interlocuteur, ce soir je dessinerais son visage pour ne plus l’oublier, mais pour l’instant, j’ai une autre proie à suivre. Ma proie se dirige vers sa voiture puis s’engage dans la circulation et je la suis à bonne distance. Elle ne me remarque pas, il faut dire que j’ai choisis cette voiture exprès car elle était fréquente dans les rues, je me fonds dans la masse. Et j’arrive donc à le suivre sans attirer son regard. Il s’arrête dans le quartier centre, le quartier commercial comme j’aime le nommer. Parfait. Je pourrais choisir chez lui, un lieu surement plus isolé, un lieu où il se sentirait encore plus trahi, souillé, car son foyer aurait implosé… Mais je préfère ne pas prendre le risque qu’il me repère si le trajet doit être trop long.

Je descends de ma voiture, resserrant mon gilet trop long autour de moi. Une trop longue captivité, juste après une autre période de captivité, avait sérieusement porté une atteinte à mon poids. Je me savais trop maigre mais je n’arrivais pas à m’en soucier. Tant que mon corps continuait à porter mon poids pendant toute une journée, je me foutais du reste. Je me foutais de tout.
Je le suis à une petite distance, le voyant acheter quelque chose dans une bijouterie. Pour une amante ? Une femme ? Eh bien, j’allais faire une veuve éplorée. Pas de quoi me ralentir. Pas de quoi réveiller une quelconque humanité en moi.

Il prend un passage qu’il doit croire être un raccourci. Rien de tout cela. Il vient juste d’emprunter le passage vers sa mort. Mon pas s’accélèrent, mes baskets ne faisant aucun bruit sur le goudron et pourtant, l’homme se raidit. Peut-être est-ce à cause de l’aura froide autour de nous ? Oui, mon protecteur est là, présent. Mais c’est moi qui ait les rennes, c’est moi qui vais te faire mourir de peur, petit. Il finit par se retourner et je n’ai beau être qu’à dix pas de lui, je sais que j’aurais pu le lire également à trente pas. Sa stupeur est si visible. Bien vite remplacé par un soupçon de peur, puis de bravoure. Tu penses pouvoir gagner ? Laisses-moi te prouver l’inverse, proie.

« Ecoute Ehlena… »

Sa phrase se finit dans un hurlement de douleur que le vent porte jusqu’à moi. J’ai laissé le vent s’accumuler, formant une pression contre son genou jusqu’à ce que celui se brise et qu’il se dérobe sous son poids. Le voilà à genoux, et ce n’est pas suffisant. Il a fait bien plus que me mettre à genoux, bien plus que briser Henry, il nous as tué tous les deux, il nous a disséquer et il s’est assuré que la mort nous sépare. Rien ne sera assez douloureux à mes yeux pour rivaliser avec ce qu’il m’a fait subir… Et je le lui ferais sentir.

« On m’a traitée de monstre, de pétasse, d’abomination… Et je découvre ce soir que rien n’est plus énervant que mon prénom sortant de la bouche d’une raclure. Etonnante découverte. J’en apprends chaque jour. Tu auras au moins servi à quelque chose. »

Ma voix est presque douce. Henry disait que j’avais la voix d’un ange. Peut-être est-ce vrai, mais ce n’est certainement pas mon âme qui est angélique. Je me sens froide, emplie d’une froide détermination, mais pourtant assurément froide. Aucun plaisir, aucun bonheur. Juste la sourde odeur de la vengeance qui vient à moi…
Je l’observe tenter de reprendre sa fierté, tenter de se relever mais mon attention n’est qu’à moitié sur lui. Il lui faudra un temps pour passer au-dessus de la douleur, et encore plus d’entraînement pour réussir à se mouvoir avec un genou brisé. Mais il n’aura jamais cet entraînement, il sera mort avant. La plus grande menace est donc cet homme, dont le vent m’apporte l’odeur. Un congénère… Du moins, un autre moroï. Quelqu’un qui désirera peut-être sauver le bébé geignard, cet alchimiste, qui se tortille à quelques pas… Je tourne mes yeux de glace vers le nouveau venu, avant de reprendre la parole.

« Vas-tu te mettre sur mon chemin ou continuer ta route ? »
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Mar 26 Juil - 22:47

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Ehlena & Jessy

Tout est un peu flou, tout est saccadé, telles des images d’un film d’horreur. Qu’est-ce que je fais là ? Pourquoi est-ce que j’ai tout ce sang sur les mains et le sang de qui ? Je me regarde, ce n’est pas le mien, je n’ai pas mal, je ne suis pas blessé. Alors celui de qui ? Je continue d’avancer, inquiet, mais ma vision est trouble et il fait bien trop sombre. Je ne comprends pas ce qu’il se passe et pourtant j’ai une impression de déjà-vu. Que quelque chose de mal va arriver, quelque chose de sombre va s’abattre sur moi, je le sais, je le sens. Les secondes semblent durer des minutes et les minutes des heures puis j’y arrive enfin. Je la vois devant moi, agonisant mais en sang, toujours vivante et pourtant... Pourtant elle est en train de mourir. J’accours vers elle, la prenant dans mes bras, tentant de faire quelque chose mais je sais que je ne peux pas la sauver, c’est trop tard. Je ne peux pas la sauver et elle se meurt contre moi.

- Non... Non... Irina ! Non !

Je me réveille en sueur, la respiration haletante, la peur et la rage au ventre. Un cauchemar... Il avait pourtant l’air si réel, comme ceux que je faisais sur Sarah. Ça ne peut pas se répéter encore… Je ferais en sorte que ça n’arrive pas, je refuse de la perdre elle aussi. Mon lit est vide ce soir, heureusement, je n’aurais pas aimé qu’Irina me voit dans cet état, à l’époque ça n’annonçait jamais rien de bon. Je sors de mon lit et me dirige vers la douche, essayant de me calmer. Je dois bien rester une heure sous l’eau avant de m’habiller et quitter mon appartement, au moins je n’ai pas envie de cogner sur tout et n’importe quoi, c’est déjà une bonne chose. J’allume une clope et avance sans vraiment faire attention où je vais, j’ai seulement besoin de prendre l’air et penser à autre chose.

Je me rends compte que je suis au quartier centre que lorsque j’entends un hurlement qui m’arrache à mes pensées. Les cris tard le soir sont devenus phénomènes courant à Missoula, il y a d’ailleurs eu beaucoup de déménagement depuis ces deux dernières années à cause du taux d’agression et de décès en constance haute dans cette ville. Les gens préfèrent partir plutôt que d’affronter le mal, ils choisissent la survie, moi je ne sais toujours pas à quel camp j’appartiens vraiment. Quoi qu’il en soit, comme bien souvent quand j’entends un hurlement, je décide de m’approcher pour voir de quoi il s’agit. Je m’attendais encore une fois à tomber sur un strigoï en train de dévorer un humain ou moroï, mais au moins ce soir j’ai le droit à un peu de surprise, ça fait plaisir de temps en temps. Je regarde cette moroï en me trouvant à quelques pas d’elle et aperçois un alchimiste agoniser à ses pieds alors qu’elle me demande si je vais me mettre sur son chemin ou continuer ma route. Disons que je prends la troisième option.

- Qu’est-ce que ce type t’a fait pour vouloir le tuer ? Pas que je compte te convaincre de ne pas le faire, c’est pas mes affaires après tout, je suis juste curieux.

Elle pourrait aussi décider de ne rien me dire en prétendant que justement ce ne sont pas mes affaires et quelque part elle aurait raison, mais bon j’ai bien le droit de tenter ma chance. Je ne la lâche pas du regard, je dois dire que c’est assez étonnant de voir une moroï qui sache se défendre, c’est plutôt rare par ici. En fait la plupart des gens de mon espèce se complaisent dans la protection que leurs offrent les dhampirs, d’ailleurs en dehors de Christian et elle à présent, je peux pas dire en connaître d’autres. Du coup elle attire d’autant plus mon attention et je me demande bien ce qu’elle vaudrait face à un strigoï, peut-être qu’un jour je le saurais.

- Sinon tu peux aussi me dire ce que t’as l’intention de lui faire, mort ou tortures ? Lent et douloureux ou net et rapide ? Je pourrais toujours te donner quelques conseils.

Comme tu peux le voir, j’en ai rien à foutre du sort de ce type, peut-être qu’ainsi tu arrêteras de te méfier de moi, ou alors ce sera le contraire… J’en sais rien et je m’en fous. Au pire je passerais mon chemin si elle ne s’avère pas être aussi intéressante qu’elle le paraît. Enfin j’admets espérer pouvoir rester là plus d’une minute, ça m’aide à ne plus penser à ce cauchemar et j’ai franchement pas envie de retourner vers ces sombres pensées.

 
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Lun 1 Aoû - 0:57


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Qui aurait cru que les alchimistes pouvaient représenter le monstre sous le lit de quelques personnes ? Des êtres pour qui on donnerait le bon dieu sans confesser… Tout du moins tant qu’on ne connaît pas la vérité. Une fois que cette vérité est découverte, on devient fou. Est-ce ce que je suis ? Folle ? Peut-être, j’ai un peu de mal à savoir. Je ne me définirais pas comme folle, pas totalement du moins. Disons juste libérée des contraintes de la morale et du bien. Libérée du seul repère que j’ai toujours eu, du seul qui aurait pu me permettre de museler le pire en moi. Faire couler le sang est devenu une obligation, tant que ce sang est impur, tant que ce sang fait parti du groupe des alchimistes… Ils mourront tous mais ce soir, c’est une proie en spécificité qui m’intéresse. Une proie dont on interrompt la mise à mort par une présence. Je ne jette qu’un coup d’œil à celle-ci avant de reporter mon attention sur ma proie. De quoi remarquer son physique, sa posture et son intérêt. Je suppose que c’est ma proie qui l’intéresse mais dans quel intérêt ? Pour le sauver ou pour comprendre pourquoi je le tue ? Ou peut-être même pour participer ? Je ne comprends pas toujours les volontés de chacun… Manifestement, lui, cherche à me comprendre. Pourquoi je le tue ? Quel intérêt que tu le saches, lui le sait, mes prochaines cibles le savent ainsi que toutes les personnes qui se doivent d’être concernées…

Le silence est ma réponse, je reporte mon attention sur l’homme devant moi, le voyant ramper pour m’échapper. Moi aussi, j’ai rampé, les premières fois. Puis, j’ai compris que ça excitait leurs instincts sadiques et que ça ne m’aiderait pas à fuir. Alors j’ai commencé à attendre et à donner des coups quand ils étaient assez proches. Tu t’en rappelles, proie, de ces coups ? Moi je me rappelle avoir brisé l’une de vos mâchoires. La tienne ? Ou une autre ? Quelle importance. Je sais, en tout cas, en te regardant que je ne suis pas comme vous. Mes instincts ne s’excitent pas en voyant ta détresse, ils ne le font que face à ta douleur, ta peur. Je veux que tu ressentes ce que j’ai ressenti, que tu comprennes ce qu’il a ressenti chaque jour. Peut-être aurais-je dû attendre pour trouver cette femme qui possédait le cœur… Ou en tout cas le sexe, de l’homme face à moi ? Qu’il puisse réellement comprendre la douleur que j’ai ressenti face à la détresse d’Henry…. Mais soit je suis trop impatiente, soit il me reste une once de gentillesse car je n’imagine pas faire entrer une étrangère dans ce conflit…
Le moroï à mes côtés reprend la parole, continuant son déluge de questions. Le silence ne te fait apparemment pas peur alors je suppose qu’il me faut répondre. Tout du moins, je suppose que c’est ce qu’une personne normale ferait. Bon eh bien ses questions… Ah oui, lent ou rapide. Et de l’aide. Ouais, bien sur, de l’aide… Comme si j’en avais réellement besoin. Mon apparence est peut-être frêle mais ce n’est pas le cas de mon esprit, il est parfaitement affûté et je saurais le faire souffrir, pas d’inquiétude.

« Pourquoi t’intéresser à son cas ? Il n’est qu’un visage dans ta vie alors que pour moi, il revêt une certaine…. Symbolique. »

Oui, il faut parti de mon ancienne vie, des tueurs de ma dernière parcelle d’innocence… Et je compte bien passer un temps incommensurable à ces côtés… Je m’approche un peu plus de mon ennemi, laissant mon contrôle sur l’air peser sur le corps face à moi. Ton corps est lourd, proie ? Trop lourd pour que tu puisses te bouger ? Trop lourd pour te défendre ? C’est ce que j’ai ressenti avec vos drogues dans mon corps…

« … L’esprit à l’affût pendant que le corps nous lâche… Quel effet cela fait de devenir la proie de l’autre ? De devenir le rat de laboratoire. »
« Ehl… Hum. Je suis désolé, d’accord, écoutes, je suis désolé. J’avais des ordres et je les ai juste exécuté. Je n’avais rien contre toi. Allez, tu n’es pas une mauvaise fille, Henry ne voudr… »

La fin de sa phrase finit dans un hurlement de douleur quand je pose ma main sur son épaule, utilisant mon influence sur l’air comme une arme, comme une lame tranchante qui coupe son bras en deux sur le sens de la longueur, laissant les deux parties toujours connectées sur son épaule. Est-ce qu’il peut contrôler les deux parties ? Une seule même ? Ou ai-je tranchés tous ses nerfs moteurs dans la manœuvre ? Bonne question je suppose… Je le saurais, je suppose, si je relâche mon contrôle sur son corps…
Je laisse le murmure rauque de ma voix couvrir ses geignements de douleurs, m’adressant enfin au moroï derrière moi pour lui répondre véritablement.

« Lent, net et rapide. Je choisis les trois. Et je sais déjà comment occasionner de la douleur, j’ai eu le droit à des cours particuliers. »

Des cours où j’ai été la victime… Et où je suis maintenant le bourreau. J’agrippe les cheveux de l’homme, au niveau de son front pour tirer sa tête en arrière, croisant son regard. Au-delà de la douleur, je vois la réalisation dans les prunelles sombres. Mort, nous sommes morts tous les deux. Je suis morte de l’intérieur, il voit enfin cela dans mes prunelles. Et lui ? Lui, il va véritablement mourir. Bientôt, Hadès amènera son âme dans les enfers… Et il pourra y pourrir pour l’éternité. Je l’y rejoindrais peut-être mais je m’en fous. Il subira le supplice de Tantale le premier et sa souffrance sera mon plaisir… Game over, proie.
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Ven 5 Aoû - 21:39

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Je suis sortie pour me changer les idées, on peut dire que ça a fonctionné, je ne pensais pas tomber sur ce genre de surprise. Enfin apparemment ce n’est pas une surprise qui m’est destinée puisqu’il semblerait que je ne sois pas le bienvenue, mais c’est pas grave, je n’ai jamais eu de soucis à m’incruster de toute façon et j’ai bien l’intention de rester. Désolé que ma présence te dérange fillette, mais j’ai besoin d’arrêter de penser à mes problèmes et les tiens me semblent parfaits pour ça. Alors j’entame la conversation, tentant de savoir ce que ce type a bien pu lui faire pour qu’elle veuille le torturer ou tuer. Raconte-moi ton histoire, ça me fera passer le temps, ça me poussera à me concentrer sur autre chose et avec un peu de chance ce sera réellement intéressant. Sauf que mademoiselle a décidé de miser sur l’ignorance, c’est con pour moi ça, vraiment con et faut dire que ça me plaît pas des masses.

Son regard se détourne du mien pour revenir sur sa proie, voilà tout ce à quoi j’ai eu droit, un regard dédaigneux. Bah c’est pas grave, j’ai pas l’intention de lâcher l’affaire pour autant, au cas où elle ne l’aurait pas encore remarqué, je suis un mec chiant. Alors je lui pose d’autres questions et compte continuer jusqu’à ce qu’elle daigne enfin me répondre, ce qui arrive finalement plus vite que je ne l’aurais cru. Tant mieux, pour elle du moins. Pourquoi est-ce que je m’intéresse à son cas ? A vrai dire j’en ai rien à foutre de ce qui va lui arriver, c’est seulement pour faire la conversation. Alors c’est vrai, il n’est qu’un visage dans ma vie, un visage que j’aurais probablement oublié demain, mais au moins ce soir il m’évite de penser au visage d’Irina couvert de sang par ma faute.

- Honnêtement ? Je veux juste passer le temps et regarder ce branleur hurler semble être justement un bon passe-temps.

Autant être honnête, je pense qu’elle aurait fini par s’en rendre compte de toute façon. Au moins tu sais que je ne compte pas t’empêcher d’assouvir ta vengeance, probablement pour cette raison que tu ne tentes rien contre moi et te reconcentres sur ta victime en m’ignorant, encore. C’est que ça commence à devenir une habitude, dois-je préciser que s’en est une mauvaise ? Bref, je me concentre sur les nouvelles paroles que miss je t’ignore prononce à monsieur je vais me faire buter. On peut dire qu’elle lui en veut beaucoup, mais les mots "rat de laboratoire" se mettent étrangement à raisonner dans mon cerveau. C’est étrange, tel un mauvais souvenir que l’on voudrait me faire remonter à la surface. "J’ai des ordres, je les exécute", je connais ces mots, je les ai entendu moi aussi lorsque j’étais à l’unité. En fait-il partit ? Est-il lié à tout ça ? Est-elle une victime de plus de leurs mauvaises expériences ? Il hurle, me rappelant l’un des cris que j’ai moi-même poussé à contrecœur, me ramenant à la réalité alors que je recule d’un pas sans m’en rendre compte.

J’ai un soudain un mal de crâne, un bruit aigue résonnant dans mes oreilles que moi seul semble entendre. Je ne sais pas ce qu’il se passe, je sais seulement que ça se dissipe vite, mais que lorsque je repose mon regard sur ce type, j’ai des visions de sang, des envies de meurtres. Miss narcissique reprend la parole mais ses mots semblent lointain, comme si elle faisait exprès de parler à voix basse, comme si on avait mis des bouchons dans mes oreilles. Je ne sais pas ce qui me prend, je sais que ce n’est pas ma victime mais j’ai l’impression de ne même plus me contrôler, j’ai juste besoin de savoir. Alors qu’elle lui tire la tête en arrière pour le regarder, je la pousse, la faisant lâcher prise, prenant sa place au-dessus de lui et abattant mon poing contre son visage encore et encore, brisant sa mâchoire, lui faisant cracher du sang avant de m’arrêter et planter mon regard dans le sien.

- Tu bosses avec eux, avec l’unité. Qu’est-ce que vous voulez aux moroïs ? Qu’est-ce que tu lui as fait ? A quoi est-ce que vous jouez bordel !

Je ne sais même pas pourquoi je lui pose toutes ces questions, simplement une envie de comprendre. A son regard j’ai l’impression qu’il ignore de quoi je parle, ou peut-être fait-il semblant, je ne sais pas, mais je ne pense pas que la moroï me laissera plus longtemps le cogner pour avoir des réponses.

 
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Mar 9 Aoû - 22:06


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De deux à trois, de trois à deux. Nous étions deux, un troisième s’est ajouté. Bientôt, il y en aura un de moins. Peut-être même deux s’il tente de m’empêcher d’agir. Qui est-il ? Que fait-il ici ? Quelle importance tant qu’il ne m’embête pas. Il pourrait être une star de la pop, un danseur étoile que je ne m’en inquiéterais pas. Je souhaite juste que ma proie face à moi meurt, comprenne les raisons de sa mort et en souffre à jamais. Je souhaite lui prouver que la douleur est une notion qui peut durer éternellement, une souffrance qui le poursuivra à jamais. Je suis poursuivie par la souffrance mais je ne serais bientôt plus la seule. J’ai des visages à rayer de la liste, beaucoup de visage, il n’est qu’un parmi plusieurs d’autres mais il a une certaine symbolique. Plus que pour le nouveau. Ce même nouveau qui m’annonce n’être là que pour passer le temps. Passer le temps… Tu aurais eu de meilleures occasions ailleurs. Ici, le temps ne passera qu’en temps que spectateur. Tu n’auras pas plus de mon attention, tu n’auras pas non plus celle de ma proie, je compte bien occuper tout l’espace, toutes les pensées de ma proie avant qu’elle ne meurt. Qu’il souffre comme j’ai souffert, comme Il a souffert. Qu’il découvre ce que signifie la résignation, qu’il comprenne que la lutte est inégale, inutile, est souffrance… Et qu’il en meurt intérieurement. Alors oui, peut-être est-ce un bon passe-temps pour toi, d’être uniquement un spectateur anonyme… Eh bien tant mieux pour toi, tu n’auras rien de mieux.

Je reporte mon attention sur ma proie, sur sa mort. Il est temps de réaliser, temps de comprendre, temps de souffrir. Les rôles sont échangés, je deviens bourreau, tu deviens victime, tu tentes de te faire caressant mais tu ne réussis pas, tu ne réussiras pas. Je veux ta mort et rien ne m’empêchera de l’obtenir, strictement rien, je te le promets. Son bras s’ouvre, le sang coule mais ce n’est pas assez. Il faut que je fasse attention, qu’il ne perde pas tout son sang avant la fin… Qu’il ne perde pas connaissance trop tôt. Je veux qu’il comprenne au moment de mourir et qu’il anticipe. Qu’il anticipe le moment où il souffrira pour l’éternité dans les feux de l’enfer. Yeux dans les yeux, il y a de la réalisation. La réalisation de la mort. La réalisation que cette mort sera douloureuse… Mais il y a toujours une lueur de combativité en lui, la même qui m’avait animé tant qu’Henry était toujours à mes côtés… Je devrais respecter cette lueur ? Oh non, je compte bien l’écraser avant sa mort. Tu souffriras. Plus que je n’ai souffert. Alors accroches-toi bien, parce que tu vas hurler à la mort…
Je n’ai pas le temps d’agir, je perds l’équilibre, finissant à genoux aux côtés de ma proie et du petit nouveau qui a décidément mal agis. Je ne sais pas pourquoi il se décide à refaire le portrait de ma proie, mais je suppose qu’il n’y a pas de temps pour refaire l’éducation de quelqu’un. Premièrement, on ne repousse pas une femme, deuxièmement, on ne vole pas de proie. Je n’écoute qu’à moitié ses propos, comprenant à demi-mots qu’il croit agit en pleine légitimité ou que sais-je mais comme il l’a dit… Ce n’est qu’un branleur pour lui alors que c’est ma proie donc… Sois gentil maintenant, laisses la place à ceux qui le mérite.

Je ferme les yeux un instant et quand je les rouvre, mon protecteur avait plaqué le moroï contre un mur. Comment ça se traduit pour lui, comme si l’air ambiant compressait son cou et ses poignets ? Peut-être. Surement même. Mais je m’en fous. Je m’en fous même royal.

« Si tu ne veux pas devenir ma proie, je te conseille de te reprendre. Je n’ai aucun intérêt à te tuer mais si tu agis de nouveau contre moi, je n’hésiterais pas. »

Je me fous de tes justifications, de ce que tu pourrais dire. Je me tourne vers ma proie, qui s’est évanouis. Le choc quand le moroï l’a lâché ? Trop de coups ? Je ne sais pas. Mais ça m’agace. Je perds du temps. Je perds le contrôle. Et je perds également mes forces. Je les utilise trop. Je sais que je ne mange pas assez, que je ne bois pas assez de sang, mais jusqu’à maintenant, j’ai toujours eu ce qu’il faut pour survivre. Mais à se battre à deux niveaux à la fois, ça commence à être de trop. Alors je relâche le moroï pour me concentrer sur ma véritable proie, que je réveille rapidement en lui enfonçant son pendentif dans l’œil. Une superbe croix, il fallait bien que j’en fasse quelque chose. Il se réveille en hurlant de douleur pendant que je reste silencieuse. Tapotant mes lèvres en l’observant. Que faire ? Hum ne rien faire… Tout faire. Faire à moitié. Ennuyeux. Inutile au final.

« Je comptais te faire souffrir mais au final, je sais que tu souffriras bien plus dans ta mort. On se retrouve en enfer. »

Je baisse le regard sur ses jambes et j’utilise une dernière fois mon don sur l’air, coupant ses deux jambes à mi-cuisses, il se videra de son sang, sans espoir de secours, sans pouvoir se bouger… Rapide, lent, précis, net. Le tout à la fois. Tu as eu ta réponse, moroï. Je me redresse, me tournant vers le moroï pour m’adresser à lui une dernière fois également, d’un ton sans émotion. Mon ton habituel.

« Si tu veux une réponse, c’est maintenant ou jamais. Après, il sera mort. »

Je glisse mes mains dans les poches de mon gilet et me glisse vers la sortie de la ruelle. Aucun intérêt à ce que je reste plus longtemps. Cet homme est bientôt mort et je suis certaine qu’Henry appréciera le cadeau que je viens de lui envoyer. Une âme peut bien plus souffrir qu’un corps, malheureusement je n’ai pas eu le temps de m’amuser avec lui mais je m’amuserais bien plus avec ceux qui ont appuyés sur le bouton. Ceux qui n’ont pas hésité à envoyer la dose de trop à Henry. Cet homme nous a détruits mais pas tués. Ceux qui nous ont tués… Je m’occuperais d’eux en dernier, je les détruirais mentalement… Ce salaud-là ? Je m’occuperais de lui quand je serais morte à mon tour et que je l’aurais rejoins en enfer. Au final, je m’arrête de marcher à portée de voix des deux derrière moi, curieuse de voir ce qu’ils comptent faire tous les deux. Mourir dans la dignité ? Questionner le mourant ? Crever en pleurant ? Me suivre ? Quelle importance ? Mais en même temps si important… Grr, trop de questions. Inutiles, elles sont toutes tellement inutiles… Mais j’attends tout de même. Je n’ai rien à perdre, pas même du temps, après tout.
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Mer 10 Aoû - 1:50

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Ehlena & Jessy

Je ne sais pas trop ce qui me prend, ce qui m’arrive, comme si je ne me contrôlais pas, comme si ce n’était même pas l’autre moi mais encore autre chose. Peut-être un truc que ces abrutis m’ont fait ? J’en sais rien, je ne pense pas qu’ils aient vraiment eu le temps de me faire quoi que ce soit hormis des tests, mais aucune modification. Je ne crois pas en tous cas. Ça ne m’empêche pas pour autant de complètement perdre les pédales et d’agir comme un crétin. Soyons honnête, j’aurais détesté qu’un autre me vole ma proie, j’aurais même carrément pété les plombs et fait souffrir cette personne jusqu’à ce que mort s’en suive pour qu’il regrette bien. Pourtant c’est ce que je viens de faire ce soir, en poussant cette fille et en cognant ce type jusqu’à lui en briser la mâchoire. Ouais, j’ai déraillé, je me suis même pas vraiment rendu compte de ce que je faisais jusqu’à ce qu’elle m’arrête et que je revienne à moi. D’ailleurs comment est-ce qu’elle fait ça ?

Je sens mes poings se bloquer, incapables de les bouger, incapable de cogner à nouveau mais mieux vaut que je m’arrête là avant que trop de sang ne les recouvre. Ce qui me dérange le plus, c’est de sentir la respiration me manquer, vraiment pas agréable comme sensation. Elle me met en garde, ou plutôt me menace de ne pas continuer sur cette voie. Au temps pour moi, mais j’aimerais bien pouvoir respirer à nouveau avant de mourir, ou au moins laisse-moi utiliser mes poings, histoire que ce soit un combat plus fairplay. Je déteste cette sensation d’être bloqué, être présent et ne rien pouvoir faire. En fait ça me rappelle mon séjour à l’unité, pas d’agréables souvenirs. A peine a-t-elle terminé ses menaces que je respire à nouveau et peux bouger mes poings. J’arrive même plus à savoir maintenant si je suis énervé contre elle ou contre lui, à moins que ce soit contre moi-même ? Bordel, cette soirée commence à me gonfler finalement.

Je reste silencieux comme un con alors qu’elle plante le collier de ce connard dans son œil pour le réveiller. Moi je me perds à nouveau dans mes pensées et ses hurlements n’y changent rien. Je dois paraître vraiment con à rester planté là ainsi, mais tant pis, mon esprit est déjà parti trop loin de toute façon et je reviens à moi que lorsqu’elle reprend de nouveau la parole pour me dire que si je veux des réponses, c’est maintenant ou jamais. Je reporte mon regard sur le type qui se vide de son sang puis sur la fille qui commence à s’éloigner. Moi je reste toujours assis là comme un con. Qu’est-ce qui m’arrive bordel ? Ce silence, ces interrogations, ces doutes, ce n’est pas moi. Non, ce n’est pas moi ce soir et ce n’est pas la première fois que je pense ainsi. Je reporte mon attention sur le type en train d’agoniser lorsqu’il se met à m’agripper la cheville d’une poigne aussi ferme que possible.

- Aide-moi gamin, s’il te plaît... Et je te dirais tout ce que tu veux savoir, absolument tout.

Je pose mon regard sur lui, un regard méprisant. Est-ce qu’il me prend vraiment pour un con ? Oui je crois bien, ce type est prêt à tout pour vivre, malheureusement il est tombé sur le mauvais cheval. Je m’accroupis pour être de nouveau à sa hauteur. L’espoir semble naître dans son regard, il le perdre bien vite.

- Est-ce que j’ai l’air si con que ça ? Tu ne sais pas de quoi je parle, tu ne sais pas ce qu’est l’unité, tu n’as aucune réponse à me donner, aucune solution. Je ne sais pas ce que t’as fait à cette nana, mais tu ferais mieux d’accepter ton sort, tu vas crever ce soir et le gamin va juste rendre cette mort un peu plus douloureuse.

Elle ne voulait pas que je lui vole sa proie, elle n’a rien dit à propos de le faire souffrir davantage une fois partie. Alors je sors mon briquet et laisse les flammes le consumer lentement, le brûler vif, lui faire bien plus de mal qu’il ne l’aurait cru. Voilà étrange moroï, je t’ai vengé, même si tu l’avais déjà fait. Je le regarde brûler, je l'écoute hurler, puis je me contente simplement de lui tourner le dos une fois que les cris ont cessé, laissant les flammes emporter le reste de son corps pour qu’il ne reste plus que des os et des cendres. J’avance, les mains dans les poches, soupirant presque de désespoir, faut croire que m’occuper l’esprit n’aura pas duré très longtemps. Du moins c’est ce que je pense avant de l’apercevoir à nouveau.

Elle est toujours là, debout, devant moi. Est-ce qu’elle nous observait ? Est-ce qu’elle m’en veut de l’avoir fait brûler ? Est-ce qu’elle compte me le faire payer ? J’en ai rien à foutre finalement, qu’elle le fasse, ce ne serait pas la première à se défouler sur moi et elle ne sera pas non plus la dernière. J’ignore ce qu’elle a vécu, j’ignore ses problèmes, j’ignore même jusqu’à son nom, mais au fond une part en elle me rappelle Sarah. C’est idiot, j’ai beau tenté de chasser ma sœur de mon esprit, elle revient toujours d’une manière ou d’une autre. Pas génial pour tourner la page, mais peut-être est-ce une chance de simplement faire mieux ? J’en sais rien, tous ces trucs de philosophie, ça n’a jamais été pour moi de toute façon.

- Désolé pour tout à l’heure, j’ai juste... Perdu le contrôle. Enfin tu t’en fous sûrement.

Comme tu sembles te foutre de tout ce que je dis depuis le début de cette soirée et pourtant ça ne m’a pas découragé, pas vraiment en tous cas. Il en faut plus que ça pour faire fuir Jessy Barrymore. On se regarde silencieusement dans le blanc des yeux. Je ne sais pas trop ce qu’elle attend, je ne sais pas trop ce que j’attends non plus. Finalement je décide simplement de reprendre la parole.

- Sur une échelle de 1 à 10, à quel point est-ce que ce type méritait de souffrir ?

Pas que je regrette d’avoir empiré son sort, mais une fois de plus c’est simplement par curiosité, et si, peut-être qu’au fond j’aurais un peu plus la conscience tranquille. J’en sais rien, je sais plus grand-chose ces derniers temps.

 
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Dim 14 Aoû - 23:02


Rien n'arrête le sang
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Des victimes et des agresseurs. On est soit l’un, soit l’autre. On peut passer de l’un à l’autre. Il est passé de l’un à l’autre. Le rôle de victime lui va d’ailleurs comme un gant. Une victime suppliante, gémissante… Pathétique. L’ai-je été autant ? Ai-je moi aussi supplié pour ma vie ? Non. Non, au contraire même. Je crois avoir déjà supplié oui. Pour qu’ils nous laissent tranquille, pour qu’ils nous laissent partir. Pour qu’ils se décident également, qu’ils se décident à mettre fin à nos vies. A mes deux captures, je n’avais aucun espoir de survie. Jamais. Je pensais a chaque fois que j’allais mourir, je voulais mourir pour que la douleur cesse. Je suis morte une fois. Je revenue. Henry est mort. Et il m’a laissé. Maintenant, c’est à eux de mourir. A eux de devenir les victimes. Je n’ai pas de temps à perdre avec lui, pas quand je sais qu’il est destiné à l’Enfer, pas quand je sais qu’il sera gardé bien au chaud pour l’heure où je le rejoindrais. Alors, j’accélère l’heure de sa mort, je la précipite. Tout comme mon âme se précipitera sur la sienne, pour le torturer de nouveau, une fois que mon jugement se sera déroulé.

Je lance une dernière remarque au moroï, lui disant de dire au revoir avant qu’il ne soit trop tard. Je ne comprends pas cet homme. Enfin, je ne comprends pas les hommes… Même l’Homme en général. Je dois être devenue trop atypique pour comprendre la majorité. J’attends tout de même. Par curiosité intellectuelle peut-être ? Par intérêt ? Non, je crois que je n’ai pas éprouvé de l’intérêt depuis bien des années… Mais je n’ai rien d’autre à faire ce soir de toute façon, aucune piste, je peux bien perdre quelques minutes de ma vie. Je sors de mes pensées en entendant des hurlements de douleur et je tourne la tête pour voir que ma cible a pris feu. Ah. On dirait que je viens de trouver l’élément de mon cogneur. Est-ce que ça a un quelconque intérêt ? Non, pas vraiment. Le feu a besoin de l’air pour se nourrir. On dirait que pour ce soir, j’ai l’avantage. Non pas qu’il y ait un quelconque intérêt à ce savoir vu que je ne compte pas donner suite à cette parenthèse. Mais c’est toujours intéressant de savoir qui est son interlocuteur… A supposer que son visage reste gravé plus de cinq minutes dans mon esprit, une fois qu’il aura disparu de mon champ de vision…
Je crois qu’il vient de remarquer que je suis devant lui car son visage a une expression étrange. Et il parle. Des excuses. Mieux vaut demander pardon que permission, n’est-ce pas ? Au final, je hausse une épaule, comme toute réponse. Il a bien résumé le truc, je m’en fous. J’avais déjà oublié en fait. Mais pour lui, il ferait mieux de regagner le contrôle. Vaut mieux ça que voir quelqu’un d’autre nous arracher le contrôle. Tout avoir en contrôle. Toujours. Ça permet d’écorcher des âmes plutôt que de voir la notre souffrir. Ça permet de retourner toutes les situations. Ça permet de ne pas finir amputé. De notre âme ou de notre corps, comme l’ami derrière. Il parle. De nouveau. Je le vois à ses lèvres qui bougent puis j’entends enfin sa voix. Tout du moins j’arrive à la percevoir, puis à la traduire. Mériter de souffrir ? Dans ma vie, il y a mes victimes et celle des autres. Et mes victimes ne sont pas notables. Surtout quand elles ont un tel passif.

« Il était non classable. Et toi ? Tu te classes à quel chiffre ? »

Prendras-tu mes mots pour une menace ? Surtout avec mon ton vide ? Peut-être. Mais plus je t’observe, plus je me dis qu’il y a un truc qui cloche. Le désir d’autodestruction. J’ai connu ça, avant. Avant de retrouver mon ange. Je voulais me détruire et tout détruire autour de moi. Et maintenant que je l’ai perdu ? Maintenant, je suis déjà détruite, on a plus rien à faire de moi, plus rien à briser. Mais j’ai encore tout à briser autour de moi. Surtout avec certaine personne. Le moroï. Il faut que je me concentre sur lui. Je retourne mon attention sur lui, redécouvrant ses traits qui s’était déjà fait vague dans mon esprit. Un visage, un esprit, une âme. Parmi tant d’autres. Ni un de mes proies, ni un de mes agresseurs. Aucun intérêt de le retenir et pourtant… Il s’est arrêté. Arrêté sur ma scène pour me parler. Quel intérêt ? Ah oui, il l’avait dit. Distraction. Distrayante. Je le suis ? Je ne pense pas. Mais c’est lui qui voit ce qu’il fait de sa vie.

« Tu as le profil du bad-boy, mais un truc qui cloche. Non-classable. Non-influençable. Paria de la société ? »

Je raisonne à voix haute, faisant des constats, me permettant de leur découvrir. Pourquoi ? Je ne sais pas encore. Non, en fait, il n’y a pas d’intérêt. Moroï maîtrisant le feu, il a brûlé un être vivant. Il doit être qualifié comme mauvais par la communauté. Pas besoin de chercher plus loin. Pas besoin de chercher ses motivations. Mystère résolu, j’ai donc une soirée de chasse à reprendre, des contacts à renouer. Je fais demi-tour et recommence à avancer lentement dans la ruelle, pour sortir de là. Les sons sont indistincts, je retourne un peu dans mon monde. Mieux vaut ne pas m’en sortir de force. Surtout quand mon protecteur est à mes côtés…
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Jeu 25 Aoû - 20:08

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J’aurais préféré que cette soirée soit différente, pas de cauchemars, pas de rencontre étrange, pas d’énervement inutile. Ouais, tout ça commence sérieusement à me prendre la tête, surtout le fait de devoir réfléchir à comment cette nana fonctionne et pense, on dirait un ovni envoyé sur Terre. Soirée de merde finalement, même ce type ne me sert à rien, incapable de me révéler une quelconque information, j’y ai bien cru pourtant, quelques secondes à peine, puis il m’a rapidement fait comprendre qu’il m’était inutile. Oui, trop d’inutilité ce soir, même moi je le suis. Faut croire qu’il y a des jours comme ça où vaut mieux rester chez soi, sauf que chez moi je crois bien que j’aurais fini fou à tourner en rond avec mes pensées. Il me reste pas tellement de choix finalement.

Lui non plus, il n’a pas vraiment le choix, mourir c’est tout ce qu’il lui reste, mais faut encore savoir s’il souffrira beaucoup ou pas avant la fin. Longtemps non, mais beaucoup ouais, je veille là-dessus. Il brûle. Il hurle. Je ne ressens rien. Je ne ressens jamais rien face à la mort, il n’y a que celle de Sarah qui m’a détruit, que celle d’Irina qui pourrait m’anéantir un peu plus, mais toutes les autres ne me font rien. Je n’attends pas qu’il se soit éteint pour partir d’ici, finalement même le moment de sa mort me rend indifférent, insatisfait. Je reprends ma route, sortant une clope, avec un peu de chance avant que je ne la termine je serais parvenu à trouver une nouvelle distraction. Sauf que j’ai à peine le temps de l’allumer pour la recroiser à nouveau. Bonsoir encore, on ne se sera pas séparé bien longtemps tout compte fait.

Est-ce qu’elle m’attendait ? Est-ce qu’elle écoutait ? J’en sais rien. J’en ai rien à foutre de toute façon, ça changera rien à ma vie. Je ne sais pas ce qui me prend à m’excuser de m’être emporté, vraiment pas mon genre habituellement, en général quand je fais une connerie je m’en moque que les autres l’aient mal pris. Je dois vraiment pas être en forme ce soir. Comme un con je lui demande même à quel point cet alchimiste méritait de souffrir. Est-ce que ça changera vraiment quelque chose ? Je ne pense pas, peut-être un peu, pourtant j’ai jamais culpabilisé en donnant la mort. Je vous l’ai dit, je ne suis pas en forme ce soir.

Apparemment l’humain était non classable. Tant mieux, je suppose. Peut-être pas pour elle, enfin même pour moi en fait. J’ai vraiment posé une question ridicule. Tant pis. Trop tard maintenant. Je ne m’attendais pas en revanche à ce qu’elle me demande à quel chiffre je me classe. Bonne question. Sans doute non classable aussi, allez savoir, je suppose que tout dépend du point de vue sous lequel on se situe. Certains se contenteraient de rapidement me tuer pour être sûr que je ne reprenne pas le dessus et meurs pour de bon. D’autres s’amuseraient à me faire souffrir autant qu’ils le peuvent avant de me tuer. D’autres encore sacrifieraient probablement leur vie pour la mienne. Du coup c’est compliqué de donner un véritable chiffre, mais si on prend l’avis général, je serais sûrement classé à dix sur dix.

- Tu as le profil du bad-boy, mais un truc qui cloche. Non-classable. Non-influençable. Paria de la société ?

Il me semblait que quand on posait une question, on était censé laisser l’autre répondre. J’ai peut-être mis trop de temps à réfléchir, je trouve pas pourtant. Bref, ce qui m’agace le plus n’est pas qu’elle ait répondu à ma place, mais qu’elle m’ait carrément tourné le dos pour m’ignorer et poursuivre sa route. Je sais que je suis le genre de connard à manquer de respect, mais j’aime pas forcément qu’on m’en manque en retour, surtout après que j’ai fait l’effort de m’excuser. Je jette ma clope et me rapproche d’elle, posant ma main sur son épaule pour la forcer à se tourner vers moi.

- T’as visé juste, je suis non-classable, peut-être même pire que ton abruti d’alchimiste que tu viens de crever.

Je la relâche après ce léger emportement. Agressif ? Ouais je l’ai probablement été un peu, c’est ce que je suis de manière générale, c’est ce que je ne pourrais jamais changer chez moi. J’aurais pu aller plus loin, lui faire du mal si j’en avais eu envie, mais allez savoir pourquoi cette gonzesse me fait penser à ma sœur, du coup forcément je me calme. J’aurais vraiment préféré ne pas la rencontrer, ça m’éviterait de repenser à Sarah.

- Maintenant que tu as eu ta réponse, tu peux partir. Ou alors on pourrait se trouver un truc plus intéressant à faire, comme buter d’autres alchis par exemple ? De quoi nous défouler tous les deux et qui sait, peut-être avancer un peu dans nos vengeances.

 
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Dim 25 Sep - 18:47


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Etrange, très étrange. Lui ou moi ? C’est une question de point de vue. Il est étrange. Il agit de façon étrange. Mais ce n’est pas comme si quelqu’un pourrait m’éclairer sur lequel de nous deux est le plus étrange. Surtout quand ma proie est maintenant décédée. Il serait mort. Avant ou sans l’intervention de ce moroï. Mais il faut croire que celui-ci a voulu agir. Dans quel intérêt ? Le sien ? Ou prétendrait-il agir pour le mien ? Non, cela ne correspondrait pas à son profil, pas à sa première prise de parole. Un être ne change pas si rapidement… N’est-ce pas ?
De quelles couleurs sont ses yeux, déjà ? Je ne m’en rappelle plus. Il se rapproche de nouveau, voulant peut-être sauver son âme en connaissant les méfaits de ma proie. Tout du moins en sachant s’il mérite ses souffrances. Ne devrait-ce pas être la question à poser avant la torture ? Bien que cela n’a jamais été le genre de question que je me suis posé. Quand il faut tuer, je tue. Quand il faut torturer, je torture. J’agis quand il le faut, pour survivre et atteindre mon but et ensuite… On verra bien.

Il agit comme un bad-boy, se foutant des règles et de tout. Et pourtant, ces actions ne sont pas… De celles correspondant au profil. Les bad-boys attirent toutes les femmes, toujours. Mais celui-là ne cherche pas à attirer les femmes. On dirait que c’est juste contre la société qu’il agit. Parce qu’il est un paria peut-être ? Oui, c’est ainsi que je le classerais. Au moins aurais-je répondu à la seule question intéressante. Maintenant, je peux me permettre d’oublier son visage.
Je ne prends pas vraiment conscience. Voix haute, voix basse, dans ma tête. Retenir mes pensées ou les laisser à l’évidence. Ce n’est pas le genre de choses dont j’avais à me soucier auparavant. J’entends les bruits de pas mais je n’identifie pas immédiatement le bruit. Par contre, le contact est immédiatement identifié. Agression. Dans mon champ privé. Dans le seul espace que personne ne peut approcher : mon corps. Mon protecteur s’approche mais j’agis avant, me retenant juste à temps de le trancher en deux. A la place, apparait juste une légère blessure sur sa main dont il n’a pas l’air de prendre conscience. Et c’est moi qui recule avant que mon protecteur ne le tranche en deux. Je n’écoute qu’à moitié ses propos, plus concentrée à retenir ma colère. Qui était cet homme, à tenter de me toucher, de me retenir ? Certes, il avait torturé la même proie que moi mais depuis quand, dans les relations humaines, cela donnait lieu à des relatons privilégiées. Il pense être pire que ma proie. Ça par contre, ça retient mon attention. Assez pour calmer ma colère et que je le regarde avant de grands yeux. Cet homme était… Fou. Pire que l’alchimiste ? Il n’y a que les autres alchimistes pour cela. Toi ? Tu as l’air d’être le genre d’homme à te contenter des proies qui se présentent à toi. Pas à en chercher une pour la disséquer et la détruire. Non, pire, ce n’est pas possible. Pas à ton niveau. Mais puisque tu en es convaincue, de ta grandiose méchanceté, qui suis-je pour te refuser ce plaisir ?

Il continue à me fixer. Je ne comprends pas cette obsession du regard. Pense-t-il que je vais disparaître ? Il n’a pas si tord. Je n’avais pas pour projet de rester dans le coin. C’est juste lui qui s’est retrouvé sur mon chemin après tout… Il aurait apparemment une vengeance à mener. Bien à lui. Mais cela m’étonnerai que ce soit les mêmes proies que nous nous fixions. Ni les mêmes objectifs. Tu penses que je tuerais tous les alchimistes, tu as tord. Je n’ai que quelques proies en tête. Et toi ? Tu veux tuer des quoi ? Est-ce que cela m’intéresse. Foutrement que non. Si nous n’avons pas d’intérêt commun, nous n’aurons pas non plus d’intérêt à rester ensemble…

« Ca serait étonnant que nous poursuivions le même but. Les mêmes proies. Surtout que tu ne connais pas les miennes. Alors quel intérêt à rester ensemble ? »

Cherches-tu de la compagnie ? Pourquoi ? Pour te sentir moins seul ? Pour te donner la force de tuer une autre âme ? Je préfère la solitude, tout du moins celle qui accompagne mon protecteur, depuis qu’Henry est mort. Alors je ne serais pas le genre de femme à te suivre dans tes idéaux. Il va te falloir quelque chose de plus intéressant pour me convaincre. Si tu désires réellement me convaincre, ce qui m’étonnerait. Mon protecteur s’approche un peu plus. Visiblement tu l’intrigues. Tout comme un autre moroï l’a un jour intrigué. Pourquoi toi ? Eh bien… On dirait que je vais perdre quelques secondes. Mon protecteur a toujours eu un bon instinct… Je tourne de nouveau mon regard vers lui, demandant d’une voix toujours aussi plate, sans émotion :

« Quelle chimère poursuis-tu ? »
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MessageSujet: Re: Rien n'arrête le sang | Ehlena & Jessy   Dim 16 Oct - 12:20

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Cette gonzesse... va me rendre dingue. Elle me tape sur le système tout autant qu’elle m’intrigue. J’ai envie de l’envoyer se faire foutre tout autant que j’ai envie d’en savoir plus à son sujet. Et ouais, vive la bipolarité, c’est vraiment chouette dans certaines occasions. Je suis pas au sommet de ma forme ce soir, pas du tout même, mais j’ai bien l’intention de faire en sorte que ça change. Peut-être qu’une petite bouteille de Vodka m’aiderait, mais puisque j’en ai pas sous la main va falloir faire sans. On va déjà commencer par rattraper la demoiselle qui tourne le dos après une totale ignorance. Pas le genre de comportement que je cautionne à mon égard donc va falloir faire un petit effort d’éducation entre nous. Enfin c’est moi qui parle alors que je l’agresse presque en la retenant. Fallait pas me provoquer.

Je force la moroï à se tourner vers moi et lui explique un peu ma façon de voir les choses. Ouais je suis un putain de paria qui n’aime pas qu’on lui tourne le dos au beau milieu d’une conversation, surtout quand c’est mon interlocuteur qui me pose une question et qu’il n’attend même pas la réponse. Sous le feu de l’action, je ne sens même pas l’entaille qui apparaît sur ma main, ni maintenant ni même après. Vous savez, la douleur j’en ai rien à foutre et je dirais toujours que j’ai connu pire. Bref, je finis rapidement par libérer la moroï de ma prise et me calmer aussi, un peu du moins. Faut bien si je veux qu’elle me tienne compagnie pour le reste de la soirée, c’est pas en l’agressant qu’elle acceptera. Parfois je me trouve vraiment désespérant.

- C’est bien les moroïs ça, toujours à se poser trop de questions, ça ne vous arrive jamais de juste tenter une aventure pour voir où ça vous mènera ?

Non ? Faut croire que je suis le seul dans ce cas, et finalement je trouve ça triste pour eux. Ouais, le statut de moroï ne me correspond vraiment pas, mais bon, les risques à devenir strigoï dans mon état me paraissent encore trop importants pour que je passe le cap, même si c’est pas l’envie qui manque. Le son de sa voix vient me tirer de mes pensées alors que je m’aperçois qu’elle me fixe à son tour. Quelle chimère je poursuis ? Bonne question ma belle. Question à laquelle je n’ai pas forcément envie de répondre. Si je devais poursuivre quelqu’un, faire payer quelqu’un, ce serait moi-même, et je le fais déjà assez souvent comme ça. Qui je poursuis d’autre à part moi-même ? Un homme qui a disparu de ce territoire. Une femme qui doit probablement être cachée dans son académie. Des humains qui se prennent pour des savants fous. Tout le monde et personne à la fois.

- Strigoïs, dhampirs, humains, la liste des personnes à qui j’aimerais bien casser la gueule pourrait être longue ma belle, alors vaudrait mieux se concentrer sur la tienne.

A ce que j’ai compris il n’y a que les alchimistes qui t’intéressent. Pourquoi pas, j’aurais rien contre les faire crier un peu eux aussi. Pourquoi ? Le plaisir, évidemment. Puis faut dire que ça pourrait être marrant de tabasser quelques alchimistes persuadés que les moroïs sont dans leur camp. Ce serait surtout cool que ça se répercute sur l’académie et foute un bordel pas possible. Ouais, pas de raison que l’académie ait autant d’alliés, une petite guerre avec les alchimistes en plus des strigoïs pourrait s’avérer intéressante. Je pense que c’est une bonne motivation pour poursuivre ses ennemis.

- De toute façon j’ai l’argument magique pour te faire céder : je connais une de leur planque.

Alors, intéressée ? Evidemment je ne te dirais pas où est-ce qu’elle se trouve, en revanche je pourrais t’y conduire, comme tu peux t’en douter. Va falloir savoir quelles sont tes priorités à présent. Soit tu me laisses t’accompagner avec la chance de toucher le jackpot ce soir, soit tu refuses et dans ce cas je te laisserais chercher toute seule comme une grande tes ennemis. Dernière offre ma belle, à toi de décider.

 
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